L’Happy Boulade*
Rohh, voilà déjà 4 ans qu’on est arrivé à La Piboulade. Si on compte en âge humain, c’est pas rien mais pour le lieu, notre présence n’est probablement qu’une nictation (et encore…).
Pourtant pendant tout ce temps, on plante et on aménage… Alors oui, c’est un peu long, mais Rome ne s’est pas faite en un jour! Et puis, si parfois ça traîne, c’est qu’on a des bonnes raisons :
J’peux pas, j’ai piscine
On aurait préféré faire des trucs et des bidules mais la pluie nous rappelle qu’on n’a toujours pas résolu nos problèmes de trop plein. En deux jours, les niveaux d’eau sont bien montés.
On vide donc la cuve pour moité (ainsi que notre piscine de trop-plein). Par contre, pour les réservoirs, c’est une autre histoire. Malgré le contenant opaque et fermé, des algues (avec une vieille odeur de moisi) se développent.
Pour le moment, on a testé d’y mettre 20ml (dans 300l) d’eau oxygénée (peroxyde d’hydrogène) à 10 vol. (soit 3%). Et puisqu’après 2 jours, on ne remarque aucune progression, on ajoute une deuxième dose. L’odeur semble partie mais l’eau est toujours verte. Il faudrait vider et des nettoyer les 4 réservoirs. Mais la vrai question, c’est de savoir quand?, car là…
J’peux pas, j’hiverne
Puisque le froid est annoncé, on s’active pour préparer notre seconde mini-serre. On remue la terre pour y placer du grillage. Puis on dépose des cailloux pour stabiliser le tout. Ensuite, on rapatrie tous les plants de la Pépiboutière dans nos 4 petites serres.
On profite également des derniers rayons chaudement ensoleillés pour débroussailler une dernière fois les cheminements. Il faut encore une fois se parer de lunettes et visière, car, n’en déplaise aux campagnols, on disloque les amas de terre cachés sous les touffes. Et voilà, on peut enfin mettre l’engin en pause pour l’hiver.
J’peux pas, j’ai repicage
On plonge dans une session spéciale de plantations inattendues. Ça tombe toujours bien mais jamais au bon moment. Ah! Si le soleil ne se couchait pas 17h30….
Bref! On est passé au partage de graines et plantes de l’association Vivre en Comminges. Comme à l’accoutumée, on en est reparti chargé. Déjà, avec de quoi bouturer : rue, origan albanais, sarriette, géranium rosa, figuier, solanum jasminoïde. Puis avec des graines : échinacée, piment orange, ashwagandha, tomate cerise vivace.
Et enfin avec des plantes (qu’on met en place) : fraisiers, fraisier capron (rempotés), oignon pregnant (albrica bracteata, planté dans le talus), sureau (en zone sauvage), tanaisie frisée, mauve, bourrache, cataire, althéa blanc cœur rouge (au labyrinthe), chélidoine (zone prairie), erigeron (vergerette karwinski) et iris japonnais (la haie Jean-Luc).
Mais c’est pas tout!
Nous voilà face à une belle opportunité. On nous propose de récupérer des arbres greffés (principalement des pommiers) installés en mode verger (Merci Sophie! Merci Gilles!).
Ce sont des petits sujets d’une dizaine d’année, mais ils sont dans un piteux état. La plupart sont tordus, couchés au sol et maintenus par une épaisse végétation. De nombreuses greffes sont desséchées ou rognées par l’humidité (?). Par contre les portes-greffes rejettent avec frénésie. Et pour compliquer la chose, on ne dispose d’aucune information sur leur localisation précise, leur quantité ni leur variété.
Aussi, on a beaucoup hésité mais on se lance dans une mission sauvetage… enfin, en se focalisant pour le moment sur les plus petits sujets.
Lors d’une première séance, on déracine une trentaine de plants. Ils ont quasi tous des formes improbables. Bon, soyons clair, ils sont estropiés; ce qui ne garanti pas un belle production. Mais l’accueil des arbres difformes a toujours été au cœur de notre idéal. Et puis, il y a sûrement de belles (et rares) variétés qui vont survivre…
Après avoir implanté les premiers arbres, on réalise quelques jours plus tard une deuxième séance et on déracine une trentaine de plants. Mais cette fois, avec l’arrivée du froid, on prend le temps de praliner les racines avant de les mettre en jauge.
Mentionnons que, pour une fois, on est ravi d’avoir des terriers de taupe à proximité. Ça facilite la préparation de notre terre à plantation.
Une bonne partie des plants vont s’établir en zone praire sud. Sur une première ligne, située juste derrière le labyrinthe, on mettra 24 plants en quinconce avec les buissonnants (installés au cours de cette année). Parmi eux on en a identifié 9 greffés, 9 rejets et 6 « on se sait pas ». On plante très serré, comme à notre habitude. Vu leurs formes, on pense qu’ils ont plus de chance de s’en sortir si ils s’appuient les uns sur les autres.
Sur une deuxième ligne, en parallèle de la haie Jean-Luc, on plante 26 sujets dont 11 greffés (3 en mauvais état), 11 rejets, 4 « on ne sait pas ». Enfin 3 autres plants prennent place en contre-bas (1 greffé, 1 rejet, 1 « on ne sait pas »).
On désigne comme « rejets »: les rejetons, drageons ou marcottes. Ce sont probablement des portes-greffes mais (avec de la chance) ça peut-être des greffons autonomes. Idem, pour les « on ne sait pas », si ça se trouve, c’est des semis spontanés de super variété…
Précisons que, dès l’arrivée des plants sur le site, un petit travail de taille a été effectué pour privilégier les greffes et l’équilibre des arbres (l’objectif c’est qu’ils poussent à la verticale). On a « détaché » des drageons et soigné les plaies avec de la résine de pin.
Bien entendu, on a tout conservé. D’un côté, on a mis 23 drageons et petits plants (dont 1 greffé) en pot. Puis, on a fait 8 pots de boutures.
Cette histoire de « verger abandonné » nous confirme qu’il est possible d’obtenir des arbres en laissant faire la nature (c’est à dire sans entretien). Cependant, pour être sur qu’ils puissent se développer « normalement », il faut les accompagner un minimum (surtout si il s’agit de fruitiers greffés sur nanifiants).
NB : on pense refaire une séance de déplantation mais, à ce jour, on se contente d’imaginer tous ces pommiers dans une version forestière. Car, même si ils ont été planté en ligne, ils entourent le début du futur jardin-clairière. Ça risque d’être étrange mais c’est raccord avec le tout.
Pour terminer avec cette session plantation, on a reçu 4 petits chênes rouges (Merci Laurent!). Ils ont été plantés en contre-bas de la zone prairie sud.
À ce rythme, il va rapidement falloir nommer les différents espaces nouvellement crées dans cette zone.
J’peux pas, j’écoute le psithurisme
Alors que les dernières feuilles des peupliers trembles murmurent à l’oreille de l’humain, on s’ébahit de voir les ricins briller au soleil. On s’excuse de déranger les coccinelles qui s’installaient en diapause. Et on s’étonne de voir des libellules, telles le sympetrum rouge sang, parcourir le terrain.
Aussi, on a mangé 3 framboises! On n’y croyait plus… Les shiitakés ont continué de pousser (une dizaine de champignon). Les pleurotes ont également tenté une sortie, ralentie par une attaque de limace, puis totalement stoppé, parce que…
J’peux pas, j’ai froid
Ça y est, on a été visité par une vague de froid. Bien sûr, les capucines n’ont pas apprécié.
On se dépêche donc de cueillir les dernières graines en tige qu’on met dans l’eau pour leur donner le temps de grossir.
On récolte aussi les tomatillos et une partie des haricots grimpants. On attend encore un peu pour les tomates cerises. Et on dit « à l’année » à prochaine au canna edulis…
J’peux pas, because I’m happy!
Pour fêter notre anniversaire, on écoute une chanson entêtante…
… et on imprime notre désormais traditionnel livre de l’année « Carnet de blog » – novembre 2024 à novembre 2025.
Et là, on peux le dire : qu’est-ce qu’on est bien à « l’Happy Boulade » (* dixit Gilles)!












































