Chat échaudé craint l’eau froide
On débute encore une fois notre article par un point météo. Faut dire que le changement radical est déstabilisant.
Alors oui, disons merci à l’arrivée du front pluvieux. Par contre, la chute soudaine des températures, la grisaille et les averses orageuses, on s’en serait bien passé. Loin d’être rassurante, cette météo nous laisse sur le qui-vive! À croire que cette demi année est une mise à l’épreuve de notre capacité adaptation.
C’est donc « une rentrée » plutôt maussade, où le soleil, qui apparaît parfois, est surtout présent par son absence.
Au fil de l’eau
Quand l’eau coule, c’est le moment de voir si nos installations tiennent le coup.
Globalement, ça fonctionne mais il y a des améliorations à apporter (gouttières, fuites, entretien des écoulements).
Entre deux rayons de soleil, on continue le nettoyage de l’espace aquatique. Le surplus de terre est déversé au dessus pour prolonger la zone pique-nique. On rectifie l’écoulement du trop plein, puis on consolide les marches du petit pont.
À ce stade, on ne sait toujours pas comment étanchéifier l’espace. On envisageait la bâche, la bentonite (ou argile), la végétalisation mais ces procédés nécessitent une mise en eau immédiate et un niveau constant. Mouai… de toute façon, il recommence à pleuvoir.
L’eau de vie
Dans le dernier article, on partait à la recherche de l’eau, ou plutôt, à sa rencontre…
Voilà plusieurs fois que notre attention est sollicitée vers un endroit bien précis de la forêt. C’est difficile à décrire… Ça a commencé par des appels d’oiseaux. Puis des chevreuils peu farouches qui, à 2m de nous, semble attendre pour nous montrer le chemin. Et enfin, le plus fou, depuis 1 bon mois, un sanglier vient régulièrement nous faire part de sa présence (il s’approche discrètement et grommelle brièvement un genre de « bonjour »). C’est vraiment étrange.
Bref! Ce lieu précis, dans les bois, on l’avait déjà repéré. Constamment humide et boueux, même en pleine canicule, comme si l’eau captive cherchait à sortir.
Donc on y retourne, plus attentif que jamais. Et on découvre que Groingroin (le sanglier sourcier), nous a carrément ouvert le « pas-sage ».
Alors on creuse. On fait 5 trous profonds d’une dizaine de centimètre le long d’un écoulement probable. Tous se remplissent d’une eau claire qui semble suinter du sol.
Comme on tâtonne, on prend le temps de l’observation, donc cette expérience se déroule (et se déroulera) sur plusieurs jours…
On retourne à la place originelle, en espérant trouver la résurgence principale (qui serait plutôt une exsurgence). On remarque qu’à 2 jours d’écart, des visiteurs ont laissé une trace de leur venue (Groingroin et Bibiche, le chevreuil hydroscope). Et ben, là aussi, on se dit que ce doit être un signe (woui, le caca; c’est plus logique qu’un dessin!).
De fait, on creuse un peu plus. Cette fois, c’est sûr, l’eau remonte de ce premier trou presque jusqu’au sol (à 10cm, son niveau piézométrique?). On cherche donc à découvrir d’où vient ce petit filet, bien qu’il nous semble inutile de creuser plus profond.
Pour étudier l’entrée de l’eau, on doit la sortir du trou. De fait, on creuse deux déversoirs (mini-mares) reliés par un sillon (une mini-canalisation) sur la moitié de la descente. Au bout, l’eau effleure le sol.
Puis pour protéger le fond de notre trou, on place 2 pots traversés par un tuyau (solution temporaire, le temps de continuer l’observation). On met également des planches pour éviter que les animaux n’y tombent. D’ailleurs, dès qu’on aura terminé cette étude, on aménagera un beau petit point d’eau pour redonner l’accès à qui de droit.
Pour notre observation, on se dit qu’il nous faut plus d’information. On fait donc quelques recherches sur le net. Le sujet (l’hydrogéologie) est foisonnant et les nouveaux mots nombreux..
Mentionnons une série de cours proposé par Philippe Amiotte Suchet, qui améliore notre connaissance.
Cependant, si on veut y comprendre quelque chose, il nous faut prendre du recul. Aussi, suite au prochaine épisode.
De l’eau dans le gaz
Puisqu’il fait moins chaud, on chauffe pour la deuxième fois le four. L’ensemble étant bien sec, on décide de le monter en température progressivement. L’objectif est de faire passer la couleur de la voûte du noir au blanc puis à l’orange. Au bout de quelques heures, on tentera la cuisson de mini-pizza et ça le fait!
Par contre, plusieurs déconvenues sont à mentionner. D’abord, rapidement, la couche de mortier réfractaire de notre sole fissure et dégage une odeur pestilentielle (c’était une TRÈS mauvaise idée). Et puis, en testant les montées de chaleur, on a un peu cramé la poutre dessus la cheminée ainsi que la porte du four. Rien de grave, on s’en doutait…
Pour la porte, c’est facile, on la protège en l’entourant de ferraille. Pour la poutre, c’est plus long. Quitte à la consolider (et ajouter un « chapeau d’évacuation »), on va améliorer la toiture. Car on sait depuis le début, qu’elle n’est pas assez large pour protéger les bords du four. Donc, il faut ajouter une tôle ondulée et une gouttière (pour mieux gérer l’écoulement des eaux de pluie vers l’espace aquatique).
Pour la sole, idem. Ça risque d’être assez long à refaire avec l’humidité ambiante (et sans compter les contorsions). Déjà, on dégage le mortier puis on tente un ragréage. Mais ça aussi, c’est une histoire à suivre…
Nager entre deux eaux
Avec toute cette pluie, la végétation reverdit. Certaines plantes reprennent vigueur et croissance. Même les arbres, en mode pré-automnale, font des mini-repousses. C’est donc le moment de débroussailler en prévision des prochaines plantations. Le focus est donné sur la zone prairie où l’on continue nos cheminements.
Qui dit plantation, dit bouture. Pour ce faire, on en récupère des branchouilles : sur place (dans la haie, Jean-Luc) qu’on repique à moitié dans nouvelles haies. Puis on s’arrête chez un voisin (Merci Sylvain!) pour du laurier cerise, clématite, abutilon d’avicenne, euryops à fleurs chrysanthème, deutzia, lilas des indes, raisin d’Amérique.
C’est également le moment d’entretenir notre mini-mare (le trop-plein) en privilégiant les menthes implantées. On y ajoute deux nouvelles du type marocaine.
On surveille également les prochaines (et maigres) récoltes de graines. Et on fait bien!!! Nos haricots à peine sec commencent à se faire grignoter (GRRR!! si c’est pas avant ou pendant, c’est après!).
C’est que ce doit être le bon moment pour récolter le souchet; en tout cas au potager (il y a en aussi en zone sauvage). Bien entendu, on aurait pu attendre 1 mois… enfin nous oui, mais peut-être pas les campagnols…
Un coup d’épée dans l’eau
Ça y est, c’est le retour des shiitakés. On avait peur que la sécheresse les aient cramé (avec le peu d’arrosage apporté à notre myciculture). La dernière récolte (inattendue et furtive) était en février dernier.
Mais on est super content car on cueille ces 4 premiers champignons automnaux (assez rapidement après leur poussée). Par contre, les 5 suivants, ce sont fait bouffer à peine éclos. GRRR!!!
Avec toute cette eau, d’autres champignons sont de retour; dans les bois. Mais là encore, pas ceux qu’on aimerait bien manger.
En majorité, ce serait des bolets à pied rouge, puis des amanites. On a quand même trouvé un cèpe et une coulemelle (et un casque anti-bruit).
Mettre de l’eau dans son vin
Terminons sur une note positive en saluant l’arrivée des tomatillos, des hélianthus, ainsi qu’une repousse des asperges, des capucines et du mimosa.
Aussi, on a réussi à faire une photo d’un gros lézard vert (difficile à approcher sans zoom), d’une chenille de machaon et du bombyx de la ronce (probablement).
Et enfin, de généreux contributeurs, ont déposé des matériaux à haut potentiel d’utilité. Merci à Gilles pour les tuiles et la tôle! Merci à Mica et Philippe pour les deux panneaux solaires!
Si avec tout ça, on arrive pas à gérer la pluie et profiter du soleil…












































































