La journée mondiale de l’énergie et du bégaiement…

La journée mondiale de l’énergie et du bégaiement…

…tombe cette année le jour de l’automne! Un esprit caustique aurait certainement pondu un sketch, mais nous, nous resterons terre à terre. D’ailleurs, économisons notre énergie car si l’histoire bégaye correctement, c’est que la saison des plantations est ouverte!
Mais avant, il faudra éclaircir le terrain, car depuis la baisse des températures, les herbacées reprennent force et vigueur. Le soucis, c’est que cette masse végétale offre une bonne cachette aux taupes et campagnols, qui fuient les terres voisines actuellement moissonnées, chaulées et/ou labourées.

La brigade des feuilles

C’est donc le retour de la pampa et puisque l’humidité est une constante sur le site (9 mois sur 12), on sort notre rotofil, bien décidé à garder les pieds au sec.
L’avantage avec ce climat, c’est qu’en débroussaillant maintenant, on devrait profiter de la repousse pour ne pas laisser le sol nu et permettre à la végétation de se régénérer avant l’hiver.

En dégageant de la place, on espère aussi permettre aux feuilles de tomber au sol et obtenir une litière forestière. Mais « à l’heure qu’il est », on répartit cette grande session de débroussaillage sur 3 semaines, toujours dans l’idée d’une tonte différenciée (et pas juste pour « rotofiler égoïstement »!).

On commence par le labyrinthe médicinal, qui nous a pris tout de même 2 heures.
Remarquons que le plantain s’épanouit gaiement sur nos cheminements ensablés.

Puis on s’occupe de la zone sauvage. On débroussaille mais on prend aussi le temps pour aérer nos plantations.

Enfin, on se dirige en zone prairie sud. Et là, c’est tout un changement qui s’opère…
Jusqu’à présent, on voulait conserver cette zone, qui représente un bon quart du jardin-forêt, en prairie. Mais forcé de constater qu’une prairie ça s’entretient, on décide d’aménager la zone en jardin-clairière (terme et concept sur lequel on reviendra, un jour). Parce qu’en vrai, si on ne fauche pas régulièrement et qu’en plus on ne laboure pas la terre, on se retrouve au paradis des campagnols.
Le terrain dévasté par les terriers, accueille plus facilement l’arrivée de la forêt. Alors qu’il en soit ainsi! On va y implanter des arbres tout en conservant des lieux ouverts avec l’espoir d’y semer des fleurs.

L’aménagement de cette zone est aussi « étudiée » selon divers paramètres : la circulation des chevreuils (qu’on aimerait diriger vers ce lieu) et la végétation présente (les pionniers et plantes bio-indicatrices). De fait, on ne tond pas tout et on prend soin de conserver des espaces de vie avec des mini-bosquets (abris potentiels aux prédateurs de nos rongeurs-ravageurs). Cette tonte est laborieuse car on ne détecte pas toujours les terriers et on s’exaspère à manger de la terre par les yeux (malgré le casque et les lunettes) si ce n’est pas par le nez!
Mais ça nous motive d’autant plus à un nouveau jeu : « shoot dans l’terrier ». C’est très simple, on défonce un maximum de monticules (car pendant qu’ils reconstruisent, ils ne se reproduisent pas), en étalant la terre et en écrasant le trou.

Au final, ces nouveaux cheminements tracent nos futurs haies. La zone semble métamorphosée et ce n’est pas pour nous déplaire…. Car ça donne une belle occasion pour planter, encore et toujours!
On termine cette session débrouss’ avec la zone prairie nord, en prenant soin de ne pas tondre les cheminements de la haie, Jean-Luc.

Les arbres

Avec tout cet espace libéré, on se jette à corps perdu dans les plantations. Pour ce faire, il nous faut de la matière car l’objectif est de compléter les zones existantes et surtout d’agrémenter notre nouveau terrain de jeu en zone prairie sud.

Et on ne va pas faire dans la dentelle avec plus d’une cinquantaine de plants installés, juste pour commencer (buissonnants, arbustes et arbres, principalement).
Notons qu’en plantant, on utilise la technique du tipi pour protéger nos bébés (non, c’est pas de « l’antropornophisme » ni de « l’anthropomorphisme »), ce qui nous permet de tailler quelques branches et ronces.

Allez! On commence par une commande auprès de Planfor. On plante au labyrinthe : perovskia, camellia sinensis, réglisse, ciste de Montpellier, ceanothe de Burckwood, baie de mai, arbuste aux bonbons violet, chimonanthe odorant, lespedeza de Thunberg, cœur de Marie. On plante en zone prairie: aulne à feuilles en coeur, murier blanc, cèdre de l’Atlas, chêne des Marais, mélèze hybride, myrte, érable à sucre. On plante le framboisier jaune dans la zone ti fruit.

Puis on sollicite nos amis pour faire notre marché dans leur jardin. Le moment est propice, car cette repousse en motive plus d’un à passer un coup de tondeuse. On a intérêt à se dépêcher…
Déjà, on reçoit en cadeau, un canna (planté dans la haie, Jean-Luc) et un papyrus (en zone sauvage) : Merci Gilles!.

Puis, des baies de goji (plantées en zone prairie nord) et un plant d’artichaut (en zone sauvage) : Merci Mario!.

On continue en « récoltant » ce qui semble être 3 cerisiers, 2 poiriers, 4 vinaigriers, peuplier, 2 pêchers, troène japon, 2 sureaux, noyer (plantés en zone prairie), armoise (labyrinthe), camélia, camomille, misère, bardane : Merci Karine!
Puis on récupère 12 bébés lilas (des rejets) et des tulbaghia violacea (?) : Merci Sylvain!

On dira aussi Merci à son voisin!; qui nous voyant le cœur à l’ouvrage, nous a donné spontanément des petits soucis et des pensées vivaces.

Enfin, on plante les sujets en attente dans la Pépibouturière. L’arbre du clergé, le caroubier et l’oranger du Mexique sont plantés au labyrinthe. Le millepertuis arbustif, l’oranger du Mexique et l’osier vont agrémenter Jean-Luc, la haie

Six pruniers (?) et le noyer (boutures et semis) ainsi que le cornouiller, le peuplier tremble, des clématites et le sureau (récupérés sur site) s’installent en zone prairie.

Le boulanger

On avance sur les « réparations » du four à pizza. Après quelques déboires avec la sole (on s’y est pris à 2 fois), on arrive finalement à refaire la chape (terre, chamotte, sable). Il ne reste plus qu’à tester…
Mais auparavant, il faut protéger l’ensemble du feu (cf. le dernier article) et des intempéries. Histoire d’éviter la « cuisson four en bois à l’ancienne; comme chez les gaulois ».

Aussi, un grand Merci à Gilles!, qui nous a aidé en posant la tôle. Il a également apporté un troisième chevron et une palette (pour créer des rallonges aux 2 déjà en place).

Pour finir, on installe le chapeau au dessus de la cheminée. Il n’y a plus qu’à poser la gouttière.
Affaire à suivre…

L’eau ferrugineuse

Voilà plusieurs jours que nous observons et intervenons sur la (ou les) sources du bois. Déjà, on remarque au pied du cours d’eau qu’une nouvelle nappe orange est apparue depuis qu’on a creusé la rigole sur la moitié de la descente.

Ce phénomène a été plusieurs fois constaté le long du Tarac et ce serait de l’ocre ferreuse, rouille ou fer des marais.
« C’est parce que l’eau a passé et repassé sur le fer, et le fer à dissout… ».
En tout cas, il semble que l’eau ferrugineuse soit un bon signe.

Autre observation : en creusant le premier trou, on a pu voir ce qui serait des gammares des ruisseaux. Sorte de petite crevette translucide, cet arthropode (gammarus fossarum), étant sensible à la pollution, est un indicateur de la qualité de l’eau.
Notons également, qu’à cet endroit précis, nous sommes systématiquement observé par un syrphe.

Bon, sinon, on a passé un certain temps à chercher des informations pour analyser ce terrain hydromorphe. On recherche une nappe captive ou libre, mais on ne sait pas si il s’agit d’une source de déversement, de débordement ou artésienne.
On tente alors d’établir le profil du sol en déchiffrant les horizons (cf. Vademecum des sols hydromorphes). La première couche se compose sur une dizaine de centimètres d’une terre noire et organique. L’horizon 2, sur 15cm, est une argile plutôt dense, verte-grise-brune-noire tacheté d’orange (gley?). Le dernier horizon est une argile orange, dense et meuble. On trouve au fond de notre trou, 3 cailloux de taille moyenne.

On fait le même test sur notre second trou, en contre-bas. Et on obtient un résultat quasi-identique. À la lecture des différentes infos, on pense être face à un type de sol luvisol-redoxisol.

Puis on mesure le dénivelé entre ces deux points d’eau à son niveau piézométrique soit environ 60cm pour 15m.

Pour finir, on repart sur le premier trou pour améliorer l’aménagement de la première source. Notre système avec des pots n’a pas été efficient. La boue s’est effondrée dedans, obstruant le passage de l’eau. Aussi, cette fois on utilise un grand seau qu’on perce on fond. On remplit de petit cailloux emballé dans du géotextile.

On pose le seau au fond. Puis on va chercher le mini-barrage pour gérer l’écoulement. Et, une fois n’est pas coutume, on met en pause le chantier, le temps d’observer les changements.

Le tour du jardin

Ce n’est pas parce que cet article est hyper long qu’on va se priver de notre traditionnelle balade buissonnière.
Car, « avec beaucoup d’entrain, on va faire un tour du jardin »; une « visite guidée Stéphane Bern du jardinage », en commençant par le potager.

Certes, il n’y a pas grand chose à manger, mais on peux récolter quelques graines, en tout cas sur les tétragones. On observe encore les épinards (fraises et malabar) qui continuent de grandir.

Pour une raison, qui va nous dépasser, 2 patates douces ont décidé de germer. C’est dingue, ça fait deux printemps qu’on tente sans succès et là, ça part tout seul. C’est juste pas pratique (ils risquent de ne pas passer l’hiver), mais on les rempote (toujours) à l’étouffé.
Bref! On récolte quelques souchets de la zone sauvage. Et, on se dit qu’on aura peut-être plus d’une châtaigne cette année! Enfin, on admire les asperges, qui semblent s’épanouir encore plus, depuis qu’on a rouvert de l’espace autour.