Des recettes de grand-mère

Des recettes de grand-mère

Une poignée de douceur, une dose de soleil, une larme de pluie et la nature se réveille…
Et comme tout mois de mars, on espère passer à côté des giboulées. Mais déjà l’air se rafraîchit et la grêle vient nous chatouiller le nez. C’est donc à demi confiant qu’on se lance dans notre popote quotidienne.

Les astuces de grand-père

On ouvre officiellement la saison des semis en pleine terre en zone prairie. Après avoir stratifié nos graines, on réalise l’enrobage des semis.

Recette des boulettes : faire tremper les graines, saupoudrer d’argile bentonite et former des boulettes. Les humidifier avec une macération d’ail puis ajouter de l’argile (et du poivre) pour les épaissir.
Avant le semis, les mélanger dans du terreau.

Recette de la macération d’ail : faire macérer 100g de gousses d’ail épluchées écrasées à 1l d’eau pendant 24h. Porter à ébullition, faire bouillir à feu doux 20mn. Refroidir puis filtrer (se conserve 24 h au frais).

N’oublions pas l’astuce de grand-père pour désinfecter terre avant le semis avec Georges, ci-contre.
Recette décoction-infusion ail-thym. : écraser une tête d’ail, faire bouillir avec 1l d’eau à feu doux 5 à 10mn. Hors feu, y faire infuser le thym. Refroidir puis filtrer (à diluer avec 20l d’eau).

Nous voilà enfin prêt pour semer les reines des près, angéliques, macerons et féveroles sur 3 des 24 emplacements préparés en zone prairie.

Donc, on aère la terre, on l’arrose avec la décoction puis on sème nos boulettes.
Et ultime astuce, pour protéger nos semis des oiseaux : on tend du fil nylon au dessus des plates bandes. On ne sait pas si ça fonctionne mais ça ne coûte pas grand chose d’essayer.

Les bons plan(t)s

On est toujours à la recherche de nouveaux sujets à intégrer au paysage. Et puisque c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes, on est parti visiter le jardin de Monique.

On en repartira les bras chargés de plants avec en prime des conseils avisés (Merci Monique!).

De retour à La Piboulade, on plante les iris (2 couleurs), narcisses, ail de Naples et spirée dans la haie Jean-Luc. Les framboisiers iront en zone sauvage et le muscari au labyrinthe. Le céraiste cotonneux, pâquerettes des murailles, saxifrage stolonifère, bergenia, primevère et les boutures de romarin rampant, kiwi, mûre sans épines et framboisier sont rempotés.

On récupère également des boutures et 4 plants de mûres sans épines (Merci Laure!). On les plantera avec 3 autres de nos plants (déplacés de la zone ti’fruits) au début de la haie sauvage tressée.

Nous voilà sur une bonne lancée, alors on continue les plantations. Il faut dire que notre capacité de stockage des plants a atteint ses limites.
Aussi, on sort des serres d’hiver : les baies de goji, millepertuis arbustif, bibacier qui iront dans la haie (Jean-Luc). Mentionnons que le bibacier à pris la place de l’abricotier (qui a littéralement séché l’an passé sans faire des rejets).

Les framboisiers, groseilles, raiforts et fraises iront en zone sauvage. Le perovskia et l’armoise au labyrinthe. On déplace aussi de l’ail des vignes (?) et de la ravenelle (qui pousse spontanément) vers le potager.

Le dessous des coulisses

C’est le moment de tailler les buissonnants de la haie (Jean-Luc) et d’en faire des boutures. On récolte 4 seaux débordant de branchouilles de millepertuis, cotonéaster, chèvrefeuille, lonicera (principalement).
Comme ça prend un temps de fou pour préparer nos bouts de tiges (les boutures), on décide d’en mettre la majeure partie directement au sol en complétant les minis-haies de la zone praire.

Le reste est mis en pot en Pépibouturière qui, elle aussi, déborde. Là, c’est décidé : on range!
Tous les pommiers sont déplacés dans une nouvelle annexe de fortune. Ils y resteront jusqu’à l’automne.

Entre les dernières plantations et ce déménagement, on peut envisager sereinement l’arrivée de nouvelles boutures.

Les combines à bibi

C’est aussi le moment de sortir la débroussailleuse pour entretenir certaines places : les fougères (c’est la première fois depuis notre arrivée sur site), les plates-bandes du bout du potager, le trop-plein (pour privilégier nos menthes), l’entrée vers la spirale aromatique (continuellement envahit par une dense graminée) et le labyrinthe.

Alors que l’on tond l’entrée vers la spirale, on se dit que pour calmer la végétation, on devrait y planter de nouveaux sujets. Ça tombe bien, il nous reste quelques pots dans nos serres (spirée, deutzia, jasmin, euryops chrysanthemoides). On y ajoute les boutures de fruitiers plantés l’an passé le long de la haie sauvage (seuls quelques pêchers et cognassiers ont raciné). On plante également un petit cerisier bigarreau sauvé d’un magasin (marque Gartenland). Et on y repique les menthe-coq de la spirale.

Puis pendant qu’on tond le labyrinthe, on pense qu’on devrait mettre en place un truc pour limiter la repousse. En seulement quelques semaines, les plantains et chardons (principalement) occupent toute la place. Alors oui, c’est amusant à regarder, car ces adventices sont en forme de rosettes. Comme si le cercle du labyrinthe se mettait en abîme vers l’infiniment petit…

Mais bon! On décide de bâcher le cheminement qui parcourt plus de 50m. Et comme on n’aura pas assez d’attache, on intercale des cailloux pour plaquer au maximum la toile de paillage.

Un secret de Polichinelle

On continue l’opération bambou avec une troisième session de récolte chez un particulier. Cette fois, les tiges sont plus fines et on en prend une vingtaine.
Alors, oui, le secret c’est qu’il faut les sécher avant de les utiliser car ils peuvent perdre jusqu’à 10% de leur diamètre. En séchage extérieur, il serait même conseiller de les cercler avec du fil de fer pour éviter les fissures. Sur le net, il existe différentes techniques pour le séchage et le traitement (antifongique et insecticide).
Puisqu’on veut stocker toutes nos récoltes ensemble, on sort les tiges remisées dans l’eau depuis plus de 10 jours. Là encore, pour enlever l’amidon, il faudrait les immerger au moins 90 jours dans une eau qui coule. Mais avec ces 10 jours, on espère avoir quand même éliminé quelques micro-organismes aérobies indésirables (pasteurisation anaérobique).

Avant le rangement final, on nettoie toutes les tiges au liquide vaisselle (bio). Puis on place les plus longues à l’horizontal et les plus courtes à la verticale.

Lever le voile

Quant on a débité le peuplier tremble, tombé dernièrement avec le vent, on s’est dit qu’on que c’était une occasion pour inoculer du mycélium. Du coup, on a commandé des maïtakés (auprès de la mycosphère). On passera les détails de « l’ensemencement » déjà éprouvés par le passé.

Comme la météo n’était pas de la partie, on a dû travailler « sous couverture », à l’abri de la pluie.
Notons qu’on a inoculé 5 bûches de peuplier tremble et 1 de chêne sur la moitié de leur longueur. On prévoit de les enterrer pour 1/3 dans le sol.

Côté myciculture, on récolte toujours des shiitakés et les premières pleurotes de l’année.

Mystère et boule de gomme

Pour finir, on est heureux d’annoncer l’émancipation des têtards.
Alors qu’ils frétillaient tous dans leur œuf, on doutait qu’ils puissent rejoindre l’eau (qui s’évaporait sous le soleil). Mais, comme une prémonition, dès le lendemain, une grosse précipitation les a fait disparaître dans l’espace aquatique.

Il ne reste plus qu’à attendre un bon trimestre pour savoir combien auront atteint la fin de leur cycle.