Une opération de taille
Avec l’arrivée de l’automne, les pionniers reprennent force et croissance. Nos voisins monoculteurs l’ont bien compris, car c’est le moment qu’ils choisissent pour élaguer leurs haies. Soyons clair : c’est un carnage! Il fait toujours très sec et le mieux serait de laisser la nature respirer. Pour autant, ça nous « inspire »…
Ou plutôt, ça nous rappelle un élément essentiel à la dynamique du vivant : la perturbation (tout du moins dans un écosystème densifié et diversifié). Aussi, c’est peut-être le bon moment pour couper les arbres qui prennent l’ascendant sur nos plantations ?
Être de taille
Petit rappel : depuis notre arrivée, il y a presque 5 ans (photo ci-contre), on conserve une partie des arbres qui poussent spontanément pour les mettre en compagnonnage avec les arbres plantés. Mais certains de ces pionniers (chênes, frênes, aulnes glutineux, peupliers tremble) peuvent dépasser les 30m.
Ce n’est pas qu’une question de taille… en plus, en les laissant libre dans leur formation, ils ont poussé en cépée et se sont entremêlés dans les ronces. Ce qui nous donne beaucoup de masse et peu de structure. Un équilibre se serait certainement effectué avec le temps et la coopétition, mais notre objectif est d’accélérer le processus en notre faveur.
Aussi, pour qu’ils poussent « moins mais mieux », on doit alléger le tout et sélectionner les sujets à privilégier. Et on commence par dégager le chemin entre la terrasse d’été et le tunnel des grimpants. Le tas de ronce retiré va agrémenter la protection de la haie (Jean-Luc).
Puis, on file en zone sauvage, toujours pour alléger les bosquets. On enlève tous les rejets et nouvelles pousses de l’année.
Ça nous fait déjà un bon tas de branchouilles…
Et comme rien ne se perd, on épluche le tas pour récupérer les feuilles. Elles nous servirons de paillis au potager. Certes, on aurait pu attendre qu’elles tombent pour les ramasser, mais on aurait eu trop de perte. Les feuilles de peuplier tremble et de frêne ont tendance à s’effriter. Celles du chêne, à l’inverse, mettent un temps fou à se décomposer sans se détacher des tiges.
Les bosquets dégagés, on sort la tronçonneuse et on sélectionne les pionniers voués à disparaître. Ça nous fait mal au cœur de couper tous ces arbres, d’autant plus au moment de leur reprise. Mais il faut calmer le jeu car certains atteignent plus de 6m soit le quart de notre taille (à peu de chose près).
On veut conserver un seul pionner par îlot. Ce dernier sera trogné (si ça n’a pas déjà été fait les années passées) et/ou taillé en hiver.
Et nous revoilà avec un tas de branches à dépiauter : on met les feuilles au potager (sur les cheminements en attendant).
Enfin, il nous reste le tour de l’espace aquatique à alléger. Là encore, on réitère les opérations suivantes : couper les ronces, enlever les pousses et rejets, sélectionner les arbres à conserver et dispatcher le tout. Ça prend un temps fou!
Mais quel plaisir d’avoir de la matière. D’ailleurs, on remercie et on promet de l’utiliser au maximum. Car ce qui pourrait être considéré comme un déchet devient une ressource une fois valorisé et transformé (comme les ronces dans la haie et les feuilles au potager). Il ne reste plus qu’à trier les troncs, les branches et branchouilles selon leur taille. On sait déjà comment ils seront utilisés mais en attendant, on les stock en lisière.
Ah! Au passage, on profitera de l’élagueuse en main pour débiter quelques arbres tombés dans les bois au travers des sentiers empruntés par les animaux.
On ne fait pas de processions pour tailler les vignes
Avant d’avoir déposé une première couche de feuilles au potager, on avait désherbé les bandes. On y a récupéré un bout de glycine tubéreuse (mis en pot) qui commençait à s’étendre. On a repiqué une partie des oignons et ails perpétuels qui attendaient en Pépibouturière; ainsi que des cives St Jacques. On y a aussi semé des radis et salades pour le fun.



































