Le bon moment pour s’éclipser
La croyance populaire dit qu’après le 15 août, l’été bascule vers l’automne. Et franchement, ce serait bienvenu. L’atmosphère est lourde et pesante, et notre campagne se transforme en paysage aride. Aussi, on a invoqué la pluie et supplier le soleil : « O sublime Pachacamac ! Je t’adjure de manifester ta toute-puissance !… Si tu ne veux pas de ce sacrifice, voile ici, devant tous, ta face étincelante… » (Le Temple du Soleil, Les Aventures de Tintin, Hergé).
Quelques jours se sont écoulés, et une partie du souhait à été exhaussé avec le retour à des températures conformes aux normales de saison.
L’effet papillon
Voilà plus de 2 mois que la débrouss’ est au placard… On n’ose plus rien toucher de peur que les « mauvaises herbes » dessèchent elles aussi. Sans elles, le sol serait brûlé (déjà qu’il est asséché…) et elles nous fournissent la principale source de fleurs. En récompense, une flopée d’insectes peuplent l’espace.
On ne peut pas marcher sans déclencher : sautillements, envolées et grouillements de part et d’autre. On a même l’impression qu’à chaque année qui passent, non seulement la faune reste mais en plus elle se diversifie. En photo ci-contre, la génération 2027 est en marche…
Après les grillons champêtres du printemps, ce sont les criquets à ailes rouges (Oedipoda germanica) qui bondissent à tout va. À l’aise dans l’art du camouflage (homochromie?), ils sont difficiles à repérer. Mais dès qu’ils surgissent, ils dévoilent leurs ailes postérieures colorées d’un étonnant rouge orangé.
On n’a pas réussit à en approcher un, à l’inverse de son cousin éloigné : le mylabre inconstant, qui préfère se distinguer (polymorphe) plutôt que de se dissimuler.
Bien qu’on ne dispose d’aucune connaissance entomologiste (c’est pourquoi on ne garantit pas la véracité de nos identifications), c’est important, pour nous, d’observer et de repérer la diversité du vivant peuplant le site. Ils sont de bons bio-indicateurs de l’écosystème. D’autant qu’il est difficile de ne pas remarquer le papillonnage permanent qui s’offre à nous.
En guest, nous citerons les lépidoptères qui butinent frénétiquement chaque recoin fleurit (ci-contre : Hespérie de l’aigremoine). C’est une chance car « Sur les 301 espèces de papillons de jour vivants en France métropolitaine, 200 ont perdu au moins un département, soit 66% d’entre-elles. » L’indicateur papillon OPIE.
Ils virevoltent dans les tous les buissons fleuris, si bien qu’il est difficile de les prendre en photos (Manchaon Grand porte-queue, Piéride du chou, Sylvain azuré). D’ailleurs on a également revu un lucane cerf volant, probablement un autre que celui mois de juin dernier, puisqu’ils vivent 3 à 4 semaines au stade adulte.
Et si le battement d’ailes d’un papillon peut provoquer une tornade, donner du pain aux vairons peut alimenter tout un univers et même attirer l’attention d’un autre… Il faudra nous croire sur paroles, mais en jetant des miettes, une libellule bleue s’est posée sur nous à 3 reprises (mains et bras). On suppose que le poste était parfait pour chasser en toute discrétion.
Bref! Une mince partie de ces miettes tombent au bord de l’eau et semblent se déplacer toutes seules. En réalité, elles nourrissent un mini « plateau de fruit » de mer, abrité par un amas de cailloux. On identifie probablement des gammares (petits crustacés déjà repérés l’an passé à la source), un gastéropode aquatique (physe?) et des bébés vairons. Depuis peu, une nouvelle espèce colonise le lieu pour se nourrir de gammares : la nèpe cendrée (Nepa cinerea), une grande punaise aquatique aussi appelée scorpion d’eau. C’est incroyable de voir à quelle vitesse ce petit monde se développe. Vivement la suite…
Non loin de là, on trouve des archaeognatha, classé dans le groupe des insectes primitifs (c’est à dire ressemblant aux tout premiers insectes apparus sur Terre). Ils étaient certainement là avant notre venue (à La Piboulade, bien sûr). Mais, pour qu’on arrive à les observer couramment, c’est certainement qu’ils sont de plus en plus nombreux…
Enfin, les premiers arrivant de la flaque à l’espace aquatique étaient finalement des fourmis. Rapidement suivies par des guêpes maçonnes solitaires (puis toute une tripotée d’insecte).
Il est urgent d’attendre
On aimerait bien éclaircir les branches desséchées, tailler, débroussailler, bouturer et planter. Mais pour espérer une reprise des végétaux, il faudrait juste que l’eau tombe du ciel… Pour autant, on peut déjà se préparer aux futurs boutures en rangeant la pépibouturière. Comme d’hab’, on récupère la terre et les pots de tentatives échouées, soit environ le 1/3 des pensionnaires.
Les autres, plutôt en forme, attendront pour être plantés. D’ailleurs, pour la moitié d’entre-eux, ça ne serait tarder…
Au détour d’un chemin, on récupère des cannes de Provence. On les bouture de 3 manières différentes : à la verticale (avec 3 nœuds en terre), à l’horizontal dans la terre et dans l’eau à l’étouffé. Ces dernières ont été les premières à faire sortir des pousses (en 3/4 jours).
Puis on continue les chantiers en cours. Déjà, on ponce la dernière couche du bar de la terrasse d’été puisque le mortier n’a pas tenu. Une petite pluie nous permet de vérifier que le plan de travail n’est pas droit… Donc, on pose un lait de chaux avec du sable (pour avoir plus de matière).
Quelques jours plus tard, et après une micro précipitation, la couche est stable même si elle n’est toujours pas à niveau.
Y’a pas photo!
Entre l’an passé et cette année, le potager est à l’image des capucines… miséreux. On est dépité car jusqu’à présent c’était la plante annuelle la plus facile à vivre. Elle en était presque luxuriante comme le montre la photo de l’année dernière.
En zone clairière, on termine de récolter quelques graines : cosmos, aneth, lin. Les deux emplacements des tournesols continuent d’évoluer différemment. Celui des semis direct est cramé. Celui des repiquages d’urgence continue de fleurir; même que les chevreuils ne les ont pas (encore?!!) grignoté.
Pour finir, google map a actualisé ses cartes avec une version de juin 2026. On publie celle de juin 2025 à côté, histoire de s’amuser au jeu des différences.

































