Atmosphère ! Atmosphère !

Atmosphère ! Atmosphère !

Est-ce que j’ai une gueule de troposphère ? Puisque l’instabilité règne, commençons cet article par le fond de l’air. L’intense vague de chaleur s’est enfin estompée au profit d’une météo plutôt fade, enfin… juste pendant une semaine .

Mais alors que les dernières pluies ont à peine rafraîchit le sol, déjà un puissant anticyclone impose une vigilance canicule. Et on se retrouve encore une fois dans une étuve balançant des rayons UV! Un peu comme un poulet dans une rôtissoire.

Sans vouloir être dans le vent, on s’interroge sur le jet-stream et ses ondulations provoquant ces basculements soudains. Comme des sautes d’humeur, la turbulence des courants d’air entrave nos prévisions. Faut-il arroser, protéger, ajourner, déplacer, attendre ?
Une chose est sûre, on arrête les semis et les plantations; car déjà l’eau semble manquer.

Bon, tant que le ciel ne nous tombe pas sur la tête, c’est qu’on a le temps d’acclimater des solutions. Peut-être même que ces conditions extrêmes arrivent à point nommé dans l’aménagement du site?

L’air de rien

En moins d’un mois, l’espace aquatique s’est asséché. On a presque eu l’impression de voir l’eau s’évaporer. Et de fait, plus aucune grenouille en vue. On espère que les bébés amphibiens auront déserté la zone à temps!

Un clou chasse l’autre, on a une bonne nouvelle. On a vu apparaître des vairons dans un recoin du Tarac (le cours d’eau). Et c’est la première fois qu’on en voit malgré nos observations régulières. D’ailleurs, pour cette première rencontre, c’est comme si ils étaient venus officiellement se présenter à nous…

C’est un poisson très commun dans les eaux douces et bien oxygénées. Pour atteindre leur paradis, ils remontent simplement le cours d’eau jusqu’à l’endroit idéal (donc ici). C’est juste la classe!
Pour le moment, on les « apprivoisent » avec du pain.

Le vent en poupe

On profite d’un (rare) jour maussade pour débroussailler le haut de la zone prairie. Rien de spécial à signaler.

On continue avec l’entretien du labyrinthe. On profite de notre nouvel taille-haie pour éclaircir le contour des plants et on utilise cette tonte pour pailler autour. On désherbe également les menthes autour du trop-plein et les fraises en zone sauvage. On en profite pour éclaircir les fraises multipliées par les stolons.

Prendre l’air

Avec l’inconstance du moment, on arrête les semis pour se concentrer sur les plants récemment installés. Globalement, les derniers semis au potager souffrent de la chaleur à l’image des capucines qui stagnent (comme la roquette et la moutarde osaka).
Ceux effectués en zone clairière sont plus réceptifs (bien qu’ils subissent le maximum d’heures d’ensoleillement du site). On est quand même halluciné de voir les tournesols toujours aussi nombreux (car habituellement ils sont cibles de multiples agresseurs). On décide de les éclaircir un peu.

Il reste encore des tomates et physalis dans nos mini-serres. Pris de court, on ouvre un nouvel emplacement en zone sauvage.

Et super nouvelle, on a reçu 3 noyers, 1 cerisier, 2 quetschiers lorrains (Merci Françoise, Michel & Anna). Bien entendu, on les rempote en Pépibouturière où ils attendront l’automne pour être planter.

Contre vents et marées

Parmi les anecdotes du quotidien mentionnons que le « pont vinci » (qui s’écroulait) a finalement été démonté (Merci Raph!) parce qu’irréparable.

Côté myciculture, plus de champignons. Par contre, on note l’attaque d’un nouvel agresseur (inconnu pour l’heure) sur une des branches en production. On immerge le bois infesté 24h dans le cours d’eau. Et il semble que cela est stoppé invasion.

Autre bonne nouvelle, grâce au regard avisé de Gilles, on consignera la première récolte et pas des moindres… de girolles!

Gonflé à bloc

C’est pas parce qu’il fait hyper chaud, qu’on oublie nos observations naturalistes. Et, c’est la chenille qui redémarre… avec le petit paon de nuit (machaon), le grand porte queue et la mélitée orangée. En dernière place, la larve à queue de rat (Eristalis tenax) sur laquelle on a un peu bloqué. C’est presque aussi ragoûtant qu’étonnant, mais elle dispose d’un siphon respiratoire télescopique en forme de tube situé à son extrémité postérieure. À l’âge adulte, l’insecte est un excellent pollinisateur et devient une mouche à l’allure d’abeille, rien que ça!!!

Pour continuer, on présente le lucane cerf volant, le plus grand coléoptère d’Europe et espèce protégée (bien que pas menacée en France). On a également eu la chance de passer deux demi-journées en compagnie du petit mars changeant. Il serait rare à observer pourtant il ne nous a pas lâché des mains pendant qu’on s’attelait à la réfection du tunnel (sachant qu’il lui arrive de butiner des excréments…). Fait captivant, il se teinte de reflets bleu violacé selon l’orientation du soleil (iridescence).

Concernant les plantations, on déguste les premiers fruits du ragouminier, le canna edulis fait des graines, la clématite dévoile ses fleurs…. Et on voit apparaître des fleurs de pavot somnifère au potager. C’est étrange, car on avait semé des graines de pavot l’an passé (près du parking?) sans succès. Ont-elles migré pendant un an pour arriver là?

Mauvaise nouvelle, l’hosta guacamole au potager a disparu, certainement mangé par une taupe (pff…). La santoline déborde (il faudra la diviser en automne). Saluons enfin les fleurs de deux rescapés : l’artichaut et le cardon. Espérons qu’elles aient le temps de s’ouvrir…

Dans quel état « j’air »?

En off, on continue la restauration du tunnel accompagné par un soleil accablant. On réserve sa description pour le prochain article.
Toutefois, on dira que la glycine semble apprécier son nouveau support.

Pour finir, soulignons une grande fatigue générale. De nombreux végétaux végètent car en stress hydrique et thermique… tout comme nous, d’ailleurs!