Mi-figue mi-raisin

Mi-figue mi-raisin

Bien qu’on ait survécu à la 3ème vague de chaleur, on se sent épuisé et desséché. La trêve, de courte durée, fut accompagnée d’un vent sec, contribuant à la siccité du sol. En première ligne, c’est toujours les plantations 2025-26 qui sont les plus touchées (les dégâts s’accumulent). Sur l’arrière-front, la résistance est en marche : les plantations antérieures lancent des repousses et les pionniers s’étoffent!
Mais déjà, la 4ème canicule de l’été s’impose… Heureusement, les jours raccourcissent et notre enthousiasme reste sur pied : on tiendra le choc!

« L’eau seule est éternelle » Yun Son-Do

Wouai, mais elle n’est pas forcément disponible. Ce qui, en cette période, est quand même le nerf de la guerre. Du coup, on est toujours focalisé sur l’eau et c’est dans les bois qu’on retrouve notre précieux.
Remarquons qu’on n’est pas les seuls à se frayer des passages vers l’eau….

Au dernier épisode, on arrivait à capter une source pour la faire passer de l’autre côté de la rive (soit une douzaine de mètres). Que faire de cette eau (72 litres sur 24h)?… Arroser? Pff, c’est presqu’intuile et contre-intuitif. Nan, nous on voudrait l’intégrer au système en la déversant à l’espace aquatique. En gros : créer des conditions favorables et pérennes pour le milieu; ce qui nous paraît plus cohérent qu’installer une citerne avec un réseau de tuyaux.
Alors oui, c’est de l’hérésie. Quelle personne saine d’esprit tenterait de remplir une mare exposée au soleil en pleine canicule?! À fortiori, nous. Car même si on arrive à ne conserver qu’une flaque d’eau, il faut bien commencer un jour et quelque part.

Mais revenons au présent. On a testé un système de captation, qui a foiré (et été enlevé). De toute façon, tant que le débit hivernal est inconnu, notre système sera temporaire.

Aussi, on passe à l’étape, faire arriver l’eau du collecteur à l’espace aquatique, soit à une vingtaine de mètres. Là, c’est une autre histoire. Le chemin est sinueux avec un petit mètre de dénivelé. La gravité ne suffira pas sauf si on creuse une tranchée. On a beau être motivé, on n’est pas fada!

« Souvenez-vous de la sagesse de l’eau : elle ne se dispute jamais avec les obstacles, elle les contourne simplement. » Lao Tseu
Mais c’est bien sûr! Au lieu de creuser, on va utiliser le principe des vases communicants en mode siphon inversé. Puisque, de ce côté de la berge, l’eau est contenue dans un collecteur, on peut jouer avec l’équilibre des pressions de l’eau et atmosphérique. On bidouille deux bidons reliés avec un tuyau. Pour actionner le système, il faut amorcer le tube en le remplissant entièrement. Et là, miracle!!! On laissera l’eau couler toute la nuit pour découvrir le lendemain, une belle grosse flaque!

Alors on améliore le système. On remplace les tuyaux qui relient la source au collecteur par des tubes (on attend du matériel pour le fixer correctement). On barbouille grossièrement le fond de l’espace aquatique de boue pour éponger les fissures. Et on couvre la flaque d’une bâche surmontée d’une couverture de survie, elle même couronnée par des filets de protection (on espère limiter l’évaporation).

Une semaine s’est écoulée, et l’eau n’est pas vraiment montée. Faut dire que notre système fuit ou se détache, et surtout le soleil frappe fort…

Mais, on n’est pas les seuls à y croire. La terre est à peine humide que déjà elle s’effrite (des vers?).

Mais surtout, une grenouille a profité des jours nuageux pour y patauger.

Un peu plus loin, la deuxième source ouverte demande à être entretenue. Tout va bien à son origine car notre système de captation est efficace. Par contre, la canalisation et son extrémité sont bouchées. Conséquence : la zone est entièrement boueuse…

C’est la cata c’est la cata c’est la catastrophe!

On le voit bien que c’est un désastre. Beaucoup d’arbres et arbustes plantés sur les dernières saisons sont cramés. On ne les a pas tous pris en photos car c’est désespérant. Plus la sécheresse s’installe plus les dégâts s’accroissent. On a même l’impression que chaque jour on perd un des 107 sujets du « verger abandonné ».

Bon, on tente de relativiser. Depuis notre arrivée, tous les étés ont été une épreuve pour les sujets implantés (globalement à peine âgé d’un an). On les a tous vu souffrir. Certains ont disparu. D’autres sont réapparus… Mais pour les 3/4 d’entres-eux, ils survivent. Et même, si ils ne grandissent pas aussi vite que prévu, ils prennent de plus en plus leur place.

Mais, quand c’est pas le soleil, c’est les animaux!!! En ce moment, on a 3 chevreuils qui errent à la recherche de nourriture. Il déguste tous ce qui dépasse comme la consoude ou les rejets des pommiers sous les tunnel des grimpants (qu’on a bien fait de ne pas tailler).
La haie (Jean-Luc) est aussi affectée par les grignotages. Normalement, elle aurait dû être protégée par les ronces. Malheureusement, ces dernières n’ont pas eu le temps de bien repousser entre leur débroussaillage fin mai et la canicule de juin. On apporte les premiers soins aux arbres touchés (au moins 6 jusqu’à présent).

Être terrassé!

Puisqu’il devient difficile voire stérile de travailler en plein soleil, on va faire un peu d’entretien. Et c’est à la terrasse d’été (en lisière) qu’on rénove ce futur espace collectif. On stabilise quelques pièces puis on ponce le banc et la table de pique-nique qu’on huile pour finir.

On s’attaque aussi à la réfection du bar. Le plus compliqué c’est de savoir comment réparer l’aggloméré? Sachant qu’il va rester en extérieur et qu’on n’a pas envie d’investir dans des colles ou autres résines, on tente une bidouille avec ce qu’on a sous la main…et on verra bien si ça tient.
Gonflé par l’eau et accueillant toute une faune, on lui enlève la feuille de mélaminée et on gratte le bois décomposé. On l’asperge de vinaigre blanc et une fois sec, on pose un lait de chaux.

Pour retrouver le niveau, on fait un coffrage, précédé d’un habillage en bois. On recouvre d’un mortier de ciment blanc. Mais il nous manque de la matière aussi on ajoute une deuxième couche avec des gravillons (du béton, quoi). Par contre, la matière est difficile à lisser et à aplatir uniformément. En plus, il nous manque encore de la matière.

Pour finir, on tente un ragréage au mortier de chaux. Mais notre dosage a raté et cette dernière couche est à refaire.
D’ailleurs, Il nous reste encore une chaise à retaper et à remettre une couche d’huile sur l’ensemble. Quand on aura terminé, on fera une petite photo de l’ensemble. Donc : à suivre…

Mais va t-il pleuvoir, un jour?

Eh non! À part trois gouttes de pluie sablonneuse, il faudra se contenter des nuages!

Ok. On en profite quand même et on file au labyrinthe pour 6 bonnes heures d’entretien des chemins (et paillage des plants).

Puis on taille quelques aromatiques à la spirale. Mentionnons également que l’épareuse est passée (soit deux mois et demi après sa dernière visite).

Mais sisi, on dirait qu’il pleut finalement… D’ailleurs, ils annoncent des orages avec 9mm de pluie.

Ah ben finalement on n’aura eu que 3 à 4mm mais les orages n’ont pas frappé (c’est mieux). D’ailleurs l’espace aquatique l’atteste, la pluie aura mouillé le sol sans plus.

Petite leçon de choses

Régulièrement, on nous propose de récupérer des objets. Souvent on refuse, comme ils n’ont pas d’utilité « immédiate » et qu’on ne peut pas les stocker. Parfois, on accepte car on sait qu’un jour, au moment le plus inattendu, ils trouveront un usage qu’on aurait pas pu imaginer.
Bref! On a gracieusement reçu des ramequins et des filets de protection (Merci Laurent!) et des tuyaux et un convertisseur (Merci Mika!).

On récupère aussi une Lewisie du Siskiyou à 1 euro…. Et chose inhabituelle, on a trouvé un plan de travail carrelé dans le virage.

On pense qu’il est tombé d’un mauvais chargement vers la déchetterie.
Bah! On récupère…

Avant de finir, on file en zone clairière voir la progression des semis.
Au centre, sur la photo, on voit bien les cosmos qui s’épanouissent et les tournesols qui fanent… Les semis, sur les autres emplacements à cet endroit, ont fini ou finissent leur cycle sans grand enthousiasme.

Non loin de là, le repicage des tournesols se porte mieux que le semis direct et l’aneth se développe bien (même si peu de graines ont levé). Les cosmos bright light fleurissent enfin…

On va pouvoir récolter les mini-gousses de fenugrec (et les graines de phacélie). N’oublions pas le second semis de lin qui monte également en graines.
Et enfin, chose étrange, les tiges de moutarde rouge (qui a fané depuis 2 mois) continuent de grandir.