En mode veille

En mode veille

Nous sommes en 26 après l’an 2000 ; toute la PIboulade est occupée par le soleil… Toute ? Non ! Car un bois peuplé d’irréductibles arbres résiste encore et toujours à l’envahisseur.
Eh oui… la canicule est de retour, après seulement une dizaine de jours de répit. Heureusement, on peut se réfugier dans le bois (Merci d’exister!!!), qui se montre d’ailleurs particulièrement accueillant…

Malgré tout, on vérifie quotidiennement l’état de nos plantations côté terrain agricole (le jardin-forêt en construction) mais notre champs d’action est limité. On ne veut ni ne peut tout arroser… Et surtout, on n’arrive plus à travailler sous l’intensité du soleil.
On a beau lutter mais la frustration gagne du terrain. Et pour qu’elle ne brûle pas toute notre énergie, on profite des ces horribles conditions pour tirer quelques conclusions des expérimentations en cours. Peut-être que les solutions sont sous nos yeux?

La veille stratégique

On commence par un petit bilan des semis réalisés en zone clairière (anciennement dénommé prairie)….
Pour le contexte : on a commencé à travailler les emplacements tardivement, en janvier.
Un amendement a été apporté en février suivi d’un premier semis sur 3 des 24 emplacements.
Une pluie interminable a bien lessivé la terre puis on a attendu des températures acceptables (en vue d’une levée à 10°) pour semer 3 emplacements en mars .
L’alternance froid-chaud a ralenti nos projections et on arrive difficilement à faire 2 sessions en avril : d’abord sur 3, puis sur 7 emplacements.
Enfin, on sème les 8 derniers emplacements en mai entre deux giboulées.
Mentionnons que le tout est suivi par des épisodes caniculaires (et limité en arrosage).

Ces conditions, franchement pas idéales, nous permettent de voir qui pourrait assurer la relève!
Déjà, les graines qui n’ont pas levée sont : maceron, reine des près, angélique, cumin noir, cumin, quinoa, bouillon blanc.
Celles avec une faible levée et/ou sujettes aux nuisibles : fève, moutarde noire, pavot, eschscholzia, pois chiche, fenugrec, aneth, maïs.
Et celles qui ont répondu à l’appel : féverole, moutarde rouge, gesse, cosmos, lin (semer en mars et mai), phacélie, tournesol, trèfle.

Puisque l’objectif est de déterminer le couvert végétal permanent à privilégier, on ajoutera celui déjà en place : le lotier corniculé, la carotte, la centaurée, le plantain (principalement en zone clairière), le trèfle des prés, la cardamine, la renoncule et la menthe (en zone sauvage).

Soulignons que la carotte est particulièrement présente cette année. L’article « La carotte sauvage, messagère discrète des sols en stress » montre qu’en qualité de plante bio-indicatrice, elle révèle un stress hydrique majeur du sol (au cas où on ne l’aurait pas remarqué!!!).

Quand la mère veille

Serait-ce un mirage? On dirait que l’eau nous appelle…
C’est d’autant plus flagrant en été quand on découvre de nouveaux points d’eau (et que les autres sont toujours en activité). Ci-contre, photo de la deuxième source ouverte l’an passé.

Cette fois, c’est à l’ancienne myciculture qu’on ouvre un passage : le quatrième depuis notre arrivée! On l’avait déjà remarqué, mais le moment semble opportun pour investiguer.

Il suffit de creuser 10 cm et la boue se transforme en eau.
Faut dire qu’à cet endroit, la gadoue s’étend sur près de 2m². C’est donc une super matière première qui s’offre à nous en plus de l’eau : de la glaise. Il reste juste à trouver le moyen et le but pour utiliser et transformer toute cette abondance?

Parce qu’on se demande souvent comment cette eau pourrait nous servir (c’est notre penchant humain…). Et c’est en regardant les vérons s’agglutiner à la sortie de la première source découverte (qui s’écoule vers le cours d’eau) qu’on a modifié notre position. Et si c’était l’eau qui se servait de nous? C’est comme si, en apparaissant sous nos yeux, elle demandait à sortir.

Elle a t’être juste besoin d’un petit coup de pouce? Car on est convaincu que l’eau requière du mouvement pour réaliser son cycle, vivre ses différents états et transporter la vie (nutriments, minéraux, …). C’est d’ailleurs ce qui a dû motiver les vérons à élire domicile à cet embranchement.

Bien motivé à répondre à l’appel, on on retourne à la troisième source ouverte. Elle se situe en face de la Pépibouturière. On a creuse jusqu’à trouver 3 cailloux et un bout de terre crue (?) à près de 50cm de profondeur. Le trou se remplit sur une trentaine de centimètre.

Quelques jours plus tard, on remarque que la terre suinte en amont de la cavité. On pense qu’il y aurait une convergence hydrique. Mais cette fois, on ne va pas creuser. On se contente de libérer le suintement de l’eau. On cherchera plus tard comment aménager la captation.
Car d’abord, on voudrait vérifier que l’arrivée de cette eau est régulière et continue. Aussi, on fait un collectage à du plus près au plus loin de sa sortie.

Et on arrive même à faire passer l’eau de l’autre côté de la rive! C’est juste magique, énorme, amazing!!
Il nous reste à trouver un système efficient et fiable pour récolter, transférer et distribuer cette eau… Mais en attendant, on fait quelques mesures (à vue d’œil). Déjà, le débit est de 3 litres par heure (d’un côté comme de l’autre de la rive). Comme l’eau arrive en goutte à goutte, la pression est hyper basse. Et côté température, l’eau est à 17° (pour un air ambiant à 26° en forêt et 38° en prairie à l’ombre).

Une veillée à reporter

Avant l’arrivée des grosses chaleurs, on a pu allumer le four pour vérifier que la sole et la masse aient bien survécu à l’hiver. Et tout c’est bien passé (même qu’on a fait fuir des fourmis squatteuses). On a alimenté le feu progressivement afin que l’intérieur du four passe du noir au gris puis à l’orange (Dring! Température atteinte).

À l’extérieur, le dôme a plutôt bien supporté le lessivage des différentes pluies. On passe donc à l’étape suivante : l’enduit. Pour ce faire, on humidifie le support et on utilise la terre décantée de l’an passé.

Conservée dans une poubelle, la matière est restée intacte. Elle s’apparente à du caillée dans son jus sur la couche superficielle et à une boue compacte en dessous.
La première couche d’enduit, un mélange moitié terre-sable s’est rétractée et fissurée. Certainement trop humide pour ces conditions trop sèches.

Donc, on re-mouille et on ajoute une couche de glaise (récupérée à la première source). Malheureusement, il y a toujours des retraits. Du coup, on ponce au papier de verre et on recouvre de barbotine. Et cette fois, ça tient!

Pour finir, on pose le décor; avec un petit clin d’œil aux trulli d’Alberobello et leurs symboles primitifs, chrétiens, magiques, fantaisistes…
Et puisqu’il s’agit d’ornement, on choisit comme motif l’unalome (tatouage yantra probablement issu de la tradition bouddhiste et hindouiste, qui symbolise le chemin de vie vers l’éveil).

Bref! On modélise la forme avec plusieurs couches de barbotine, puis on peint à la chaux. Et là, on tente une nouvelle recette : lait entier (périmé mais utilisé quand même!!!) et chaux éteinte qu’on ajoute jusqu’à obtenir un mélange crémeux. Bon, le dosage a été intuitif et pour mieux faire consulter le lien.

N’empêche que (et c’est surprenant), le résultat est nickel (à voir dans le futur…). En tout cas, après 2 semaines de « cuisson à la canicule », l’enduit a pris une belle teinte caramel.
On aimerait bien conclure sur des pizzas, malheureusement on appliquera le principe de précaution en évitant d’allumer le four tant que la canicule persistera…

La veille du lendemain

Hier on plantait, aujourd’hui on rempote…. Les derniers sujets implantés peinent toujours à s’installer. Aussi, on continue de les déplacer vers notre notre havre de paix, cet oasis hospitalier qu’est la Pépibouturière : gaulthérie, baguenaudier, althéa, airelle, vigne, rosier de provins, chimonanthe odorant,.

On s’estime vraiment chanceux de pourvoir profiter d’un espace boisé. On y trouve des conditions supportables voir même un microclimat… Pour exemple, à l’ancienne myciculture (à l’emplacement de la dernière source découverte), des minis pleurotes (en huître) sont apparues sur les branches inoculées délaissées (car d’apparence « pourries »).

En ce qui concerne l’actuelle myciculture, les branches sont inertes. C’est normal, pour la saison. Par contre, les arrosages semblent insuffisants face à la chaleur. Aussi, on décide de les tremper 24h dans le cours d’eau.

Sinon, la grande gagnante de cette météo suffocante est, comme chaque année, la ronce et leurs mûres particulièrement succulentes. Notons aussi l’apparition de 2 mini kiwaï. On les remercie pour l’effort….

Au potager, c’est navrant… Il n’y a plus d’eau dans les cuves et les rares plantes qui survivent se font bouffer. Même les tomates cerises galèrent. On a tenté d’en planter derrière les salades, pour bénéficier de l’ombre; et ça a fonctionné, pendant 3 semaines… Quant à celles plantées à côté des artichauts, elles se font grignoter la tête, alors que les fruits peinent à sortir, pff……

Par acquit de conscience, on se lance dans le binage du potager. On fera encore une maigre récolte de pommes de terre plantées pour faire diversion; et là encore c’est un échec. Mais pourquoi ne se sont-elles pas faites boulotter (à la place de nos chouchous) ?! À noter : sur la planche où l’on a déposé des germes, des micros patates sont apparues (et laissées en place).
On a également pu identifier l’ail des vignes (implanté en début d’année) et diviser quelques bulbilles d’oignon rocambole.

Enfin, tout n’est pas catastrophique… Les plantations des années passées tiennent globalement le choc! Ok, ce n’est pas luxuriant mais la haie (Jean-Luc) est quand même bien foisonnante. D’ailleurs les pommiers (qu’on hésitait à éclaircir) remplissent leurs fonctions nourricières.
Et exception qui confirme la règle, le Lespedeza planté en avril dernier se développe incroyablement bien. Tout comme les hélianthes autour de l’abricotier qui a repoussé en touffe.