On re-voit le bout du tunnel
C’est dingue, on attend tout l’hiver le retour du soleil, et là, en plein solstice, on aimerait juste qu’il se couche plus tôt. Malgré des arrosages réguliers, on voit nos plants souffrir… mais ça pourrait être pire. On est entouré de champs, et en pleine moisson, le scénario catastrophe serait un incendie. « Plus de 270 hectares de végétation ont brûlé en Haute-Garonne ces quatre dernières semaines. C’est quasiment deux fois plus que pendant tout l’été dernier (source ici.fr). » Mentionnons que notre préfecture a interdit les travaux agricoles de 12h à 20h du 25 juin jusqu’à la levée de la vigilance rouge (canicule).
Mais ça y est!!! Après une dizaine de jours en enfer, les températures baissent avec l’arrivée des orages. Heureusement, cette fois, on n’était pas dans le couloir de la tempête. Par contre, la pluie a été de courte durée pour un cumul des précipitations plutôt maigre.
On tient le bambou!
On l’avait annoncé dans le dernier article : le chantier rénovation du tunnel des grimpants touche à sa fin (ouf!).
Souvenons-nous, en janvier 2023, on terminait sa première version en noisetier. On était conscient, dès sa construction, qu’il serait éphémère (de part sa nature). L’important étant de mettre en place les plantations et de travailler la matière.
Aujourd’hui, on peut esquisser un retour d’expérience : un an ça va, trois ans bonjour les dégâts 🙂
Ci-après, liste des articles mentionnant l’avancée du chantier : https://lapiboulade.fr/la-traversee-du-desert/ – https://lapiboulade.fr/des-recettes-de-grand-mere/ – https://lapiboulade.fr/rouge-comme-une-ecrevisse-par-temps-de-chien/ – https://lapiboulade.fr/orage-o-desespoir/ – https://lapiboulade.fr/quitte-ou-double/
Bref! Pour cette nouvelle version, la structure est entièrement refaite en bambou.
Dans le dernier épisode, on terminait le premier tiers du tunnel; soit le couloir le plus long. On s’attelle désormais à son extrémité qui se divise en deux voies : l’une vers l’espace aquatique et l’autre vers la terrasse d’été.
On réitère les étapes de réfection, à savoir : détacher les plantes, recreuser les trous, poser les poteaux, assembler les pièces, consolider les poteaux et poser les arceaux. L’ultime étape étant de bien nouer le tout (en resserrant les nœuds). Ça paraît simple, mais les bras tendus et debout sur une échelle, c’est plus compliqué de ne pas s’emmêler les pinceaux…
Ci-contre, les deux nœuds utilisés dans l’assemblage : le nœud de cabestan et nœud de brêlage.
Au total, on a utilisé plus de 100m de cordes.
Mais revenons à l’avancée du chantier… On a dû décaler 5 poteaux de leur emplacement d’origine : 2 pour agrandir l’accès vers l’espace aquatique (et contourner le rosier) et 3 vers la terrasse d’été où le chèvrefeuille était trop dense pour être aisément manipulable (d’ailleurs, on l’a un peu taillé).
Une fois les éléments structurels installés, on fait le point sur la matière disponible. On aimerait bien renforcer l’ensemble et apporter des éléments d’appui pour les grimpants. Aussi, on utilise nos derniers bouts de bambous en ajoutant des longueurs latérales (simplement cordées) et quelques arceaux vers les deux dernières sorties.
Bien entendu, il nous manque des bambous pour finaliser la structure, mais ce n’est que partie remise.
On a quelques remarques en guise de conclusion. Déjà, on a coupé les pionniers qu’on pensait intégrer à la structure. On projette de les remplacer en plantant de l’osier en automne (?).
Ensuite, on est finalement content que les arceaux n’aient pas totalement séché (puisque leur forme définitive est moins arquée). Mentionnons aussi qu’on a utilisé presque tous les bambous récoltés.
Bien qu’on ait rudoyé les grimpants, la dégradation est moindre qu’envisagée. On constate même une bonne reprise des végétaux avec notre première grappe de raisin!
Toutefois, quelques plantations ont disparu : kiwai ‘Issai’ et abutilon (plantés en 2022), fuchsia comestible (2023) et passiflore (2025) . On a déplacé et rempoté (pour l’instant) le phorminum tenax.
On hésite également a poser définitivement le poteau au croisement des 3 voies. C’est pas très esthétique mais ça répartirait le poids.
Enfin : on est pas satisfait du résultat. Déjà, Il y a beaucoup de points de fragilité (bambous fendus, raccords chétifs). Et avouons que c’est pas droit! À notre décharge, le sol et les bambous n’ont plus (ni d’ailleurs la construction d’origine). On espère toutefois que l’ouvrage tiendra plus longtemps que son prédécesseur.
Maintenant qu’on a bien tunnelisé sur le sujet, et avant de passer à autre chose, on propose un petit moment de nostalgie avec ce diaporama :
On ne tond pas un œuf!
Forcément, en cette période caniculaire, tondre demande réflexion. D’un côté, on est assuré d’une repousse lente (puisque tout crame) et ça laisse moins de place aux campagnols qui fuient les moissons…
D’un autre, le sol supporte mieux la sécheresse avec de la végétation. Et comme les matins sans rosées sont quasiment inexistants à La Piboulade, ce serait idiot de ne pas bénéficier de ces micros apports quotidiens. Pour preuve, la photo ci-contre prise en pleine canicule.
Comme le dit Hervé Coves dans la conférence interactive en lien (Hervé Coves et la Syntropie -Les Alvéoles à 22mn40) : « en coupant toutes les broussailles inflammables (soit-disant) des sous-bois, on ôte à la forêt la capacité de capter cette eau de condensation » .
Ça nous incite fortement à conserver la végétation et nous donne même matière à réflexion. Puisqu’il semble que l’humidité du site et sa faible exposition au vent privilégient le point de rosée, le must serait la mise en oeuvre d’une captation.
On ne passera donc le coup de tondeuse que sur les cheminements et autour des minis-haies en zone clairière (toujours pour dompter les ronces, liserons et gaillets très envahissants).
On n’est pas sorti de l’auberge
Alors qu’on cherche des solutions pour protéger nos plantations (voile, cagette, paillage de feuille), on doit se résoudre à en déterrer pour tenter de les conserver en pot.
Au potager, l’igname de chine ne supporte plus le soleil et le persil tubéreux se fait bouffer par les rongeurs (alors qu’il fleurissait!) tout comme le chervis, entièrement englouti.
Idem au labyrinthe, on préfère rempoter le tea tree, le baguenaudier, le cœur de marie (plantés en avril) et l’althéa (en novembre). On espère qu’ils vont s’en remettre.
Enfin, un arbre est tombé dans les bois. Certainement achevé par le dernier orage…
On n’est pas si mal loti
On a quand même quelques bonnes nouvelles. Dans la haie (Jean-Luc), les pommiers nanifiants (et non greffés) sont en plein boom. Malheureusement, ils partent dans tous les sens (car conservés en forme libre). Les branches risquent de plier sous le poids des fruits. On pourrait éclaircir, mais on préfère laisser vivre l’expérience (il y a de grandes chances pour que les oiseaux s’en occupent).
Toujours dans la haie, le mimosa rescapé de plusieurs agressions a finalement trépassé.
Mais de nouvelles repousses tentent de s’implanter.
Aussi, on coupe le tronc et on assainit avec la décoction-infusion ail-thym.
Preuve que le rempotage a du bon, le gingembre myoga a repris du poil de bête.
Sans transition : on achète un kiwi inconnu (rescapé des orages d’un magasin local) puis on fait nos premières récoltes de graines de l’année (pois chiche, pavot, canna edulis, lin, sarrasin, nigelle, gesse).
Dernière super nouvelle : alors que la mare s’assèche et craquelle, on a trouvé une nouvelle source dans les bois. D’ailleurs celle de l’an passé est toujours en activité. C’est bon signe car ça prouve qu’il y a de l’eau; tout du moins liquide… Si en plus, on lui ajoute l’invisible vapeur d’eau (dont la proportion dans l’atmosphère, et plus particulièrement la troposphère, est variable de 0,1 % à 5%), il y aurait matière pour changer de paradigme?






































































